ÉDITO
En 2026, il reste possible de défiler le 1er mai
A Chicago, le 1er mai 1886, 400 000 salariés engageaient une grève pour obtenir que la journée de travail ne dépasse pas 8 heures. L’affrontement avec les forces de l’ordre fera une dizaine de morts dans ce que l’histoire retient comme le massacre de Haymarket Square survenu quelques jours plus tard, le 4 mai. Cinq syndicalistes seront condamnés à mort et pendus. Cette date du 1er mai outre-Atlantique devenue « la fête du Travail » à l’initiative de Jules Guesde en 1890 est un symbole fort de l’action des travailleurs pour l’amélioration des conditions de travail.
La France connaîtra aussi un 1er mai meurtrier en 1891. A Fourmies, dans le Nord, la troupe militaire chargée de l’ordre tire sur la foule : 10 morts dont 2 enfants de 11 et 13 ans et 5 femmes. Ne devrait-on pas se souvenir que de nombreuses conquêtes sociales ont été acquises dans la douleur, autrefois dans le sang ? Et comment ne pas souscrire à l’opposition de l’ensemble des syndicats à la récente proposition de loi visant à étendre la possibilité de travailler ce jour-là ?
Le gouvernement n’a pas définitivement refusé de répondre favorablement aux patrons boulangers et fleuristes : quand nous ne travaillons pas, nous consommons ! Les employés qui disent vouloir travailler ce jour-là ne font qu’exprimer leur situation économique précaire et leur trop faible pouvoir d’achat. Heureusement, le ministre du Travail a compris l’émoi et sait qu’il est délicat de s’attaquer à un tel symbole. Cette année, le 1er mai reste le seul jour légalement férié chômé et payé. Mais qu’en sera-t-il en 2027 ? Défilerons-nous pour la solidarité, l’emploi et les salaires ou irons-nous dans un centre commercial ?
FORMATION
Payer plus pour moins de droits
Nous avons déjà le loisir de dénoncer l’arnaque qui a consisté à transformer les heures du DIF en euros du CPF. Le coût horaire des formations baissant rarement, le droit à formation du salarié en est réduit d’autant. Cela ne suffisait pas et l’entreprise de récupération se poursuit avec le reste à charge introduit depuis 2 ans. Ainsi, il en coûtait 100 euros au salarié en 2024 puis 102,23 euros en 2025 mais la machine s’emballe en 2026 puisqu’un décret revoit cette participation à la hausse en la fixant à 150 euros ! Ce nouveau montant s'applique aux formations pour lesquelles la demande de souscription intervient depuis le 2 avril 2026. A cela, n’oubliez pas les plafonds instaurés qui renchérissent la formule puisque vous pouvez être amené à suivre plusieurs stages et payer autant de fois ce ticket modérateur à la progression immodérée.
JURISPRUDENCE
MAD et PSE
Les salariés mis à disposition (MAD) entrent dans le décompte de l’effectif pour apprécier le seuil de 50 salariés qui impose la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). La Cour de cassation a tranché récemment la question en faveur du collectif de travail par un arrêt du 18 mars 2026 (Cassation sociale, n°22-10903). La direction d’un hôtel parisien en rénovation pendant de longs mois avait décidé de se séparer de près de 30 salariés sur la quarantaine qu’elle employait en CDI. Une salariée a contesté son licenciement et considéré qu’un PSE s’imposait puisque de nombreux autres salariés prestataires intervenaient dans l’hôtel toute l’année quand celui-ci était ouvert au public. L’article L1111-2 du code du travail va en effet dans ce sens notamment pour les élections du CSE en comptabilisant les salariés mis à disposition depuis au moins un an. L’employeur considérait que les mis à disposition n’étaient pas concernés par le licenciement collectif puisque leur employeur les affecterait après la fermeture à un autre client. La Cour d’appel a écouté la salariée et l’employeur s’est pourvu en cassation. La Haute Cour a donc suivi l’argumentaire de la salariée. Cela ne manquera pas d’intéresser les salariés et CSE de nombreuses PME !
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